Un an de travail, neuf auteurs, et une question qui ne nous a pas lâchés : que devient le lien humain à l’ère de l’hyperconnexion ? Le 26 septembre 2026, au MAS de Paris, nous avons enfin pu tenir entre nos mains Se reconnecter dans un monde hyperconnecté et le présenter lors d’une journée de conférences qui restera, pour moi, l’une des plus belles aventures collectives de ces dernières années.
Un ouvrage collectif écrit par neuf auteurs donc : Sandra Boisloret, Jean-Paul Chane-Waï, Nadine Durimel, Jérôme Hoarau, Morgane Hornsperger, Aline Nahayo, Thierry Payet, Aurélie Sougné et moi-même.
C’est le troisième livre collectif que nous publions avec Jérôme et Morgane. Chacun d’eux est né de la même manière : comme le livrable de la formation de maitre praticien formateur en soft skills… et ce qui devait être un exercice de fin de parcours est devenu, livre après livre, une vraie habitude de travailler ensemble, de se lire, de se corriger, de veiller les uns sur les autres et de se compléter.
Ces livres, et ce livre en particulier, sont donc d’abord une aventure humaine! Chacun avec sa personnalité, un peu de son intimité, venus de la Réunion, de la Guadeloupe, de la France continentale, de la Belgique ou encore de Londres. Ce sont aussi neuf parcours, neuf façons de regarder la même question : que devient le lien humain à l’ère de l’hyperconnexion ?
La couverture porte cette question mieux que je ne saurais le faire. Elle est signée Richard Riani, artiste réunionnais né en 1968 dans le quartier de Tanambo à Saint-Pierre, exposé aujourd’hui à New York, Tokyo et Paris. Il définit lui-même sa peinture comme une « abstraction prophétique ». L’œuvre s’appelle Virtuality, encre et crayon sur papier. Il y raconte un monde où la connexion devient virtuelle et fragilise nos relations, avec cette phrase que je garde : être connecté est une chance pour l’humanité, mais il ne faut pas oublier notre sens de la vie.
Le livre est disponible sur la FNAC et en ebook chez Cultura.
- FNAC : https://www.fr.fnac.be/a23706809/Collectif-Se-reconnecter-dans-un-monde-hyperconnecte
- Cultura en Ebook: https://www.cultura.com/p-se-reconnecter-dans-un-monde-hyperconnecte-la-crise-du-lien-humain-au-xxie-siecle-13437216.html
Le matin : quelles soft skills comptent vraiment en 2026 et 2027 ?
Avec Jérôme Hoarau, j’ai animé l’atelier du matin intitulé « Quelles soft skills comptent vraiment en 2026-2027 ». Il s’agit d’une enquête internationale que nous menons et que nous avons clôturée en ce début octobbre 2026 (je vous en dirai bientôt plus).
Lors de cet atelier, nous avons présenté les résultats de notre enquête, le top 10 des soft skills de l’année (il faut avoir de bons yeux pour capture ce top 10 dans la photo, mais je vous en reparle donc bientôt!) et nous avons demandé aux participants de penser au plus grand défi qui les attend ces douze prochains mois.
Ensuite, nous avons demandé de réfléchir à la soft skill qui les aiderait à relever ce défi. Voici ce qui est ressorti : la connaissance de soi apparait en première ligne… tout comme dans l’enquête d’ailleurs!
L’après-midi : neuf voix, neuf angles
L’après-midi, neuf voix se sont succédé, vingt minutes chacune, et quelque chose s’est tissé d’une intervention à l’autre, le tout capturé par les crayons et marqueurs de notre Christine André nationale.
On a d’abord parlé de ce qui nous échappe. Moi, avec « L’attention ne se perd pas, elle se vole ! Reprendre le pouvoir sur votre attention ». Puis Jean-Paul Chane-Waï, avec « Neurones en surchauffe : comment se reconnecter à l’essentiel à l’ère de l’hyperconnexion ».
Puis le regard a glissé vers ce qui nous relie. Thierry Payet a défendu l’engagement comme une soft skill du prendre soin : « S’engager, une soft skill du prendre soin dans ce monde d’hyperconnexion ». Aurélie Sougné a prolongé avec « L’empathie : la clef de l’empowerment à l’ère du numérique ».
Après la pause, la question du rythme. Jérôme Hoarau nous a invités à « Changer de paradigme : du temps quantitatif au temps qualitatif », et Morgane Hornsperger a posé la question que beaucoup se posent tout bas : « Si on lâchait l’accélérateur pour reprendre la main sur l’humain ? ». Entre les deux, Aline Nahayo a fait entrer l’audace, « une soft skill d’équilibre face à l’hyperconnexion ».
La fin de journée s’est tournée vers ce qui nous fait avancer. Nadine Durimel, avec « Redonner le plaisir d’apprendre à l’ère des réseaux sociaux », puis Sandra Boisloret, pour clore avec « L’impact de l’hyperconnexion sur la motivation au travail ».
Une intervention sur la motivation qui m’a particulièrement marquée
L’intervention de Sandra Boisloret, que vous pouvez suivre sur LinkedIn, m’a particulièrement marquée, tant elle est entrée en écho avec ma propre approche sans doute.

Elle est partie d’un chiffre : en 2025, seulement 8 % des salariés français sont pleinement engagés. Sa thèse est que ce n’est pas un problème de volonté, qu’un baby-foot ou un chief happiness officer viendrait régler. C’est une crise de l’attention provoquée par l’hyperconnexion. Elle a imagé notre cerveau sous les traits de « Harry », un navigateur web encombré de 47 onglets ouverts.
Car le cerveau n’est pas biologiquement multitâche : il bascule sans cesse d’une tâche à l’autre, au prix d’énergie perdue, d’erreurs et d’une forte fatigue cognitive. L’effet Zeigarnik fait le reste, en laissant les tâches inachevées actives en arrière-plan et en saturant la mémoire de travail.
Ce qui m’a le plus frappée, c’est la suite. Dans mon chapitre et ma conférence, j’aborde l’attention à l’échelle de la personne : ce qu’elle protège, ce qu’elle choisit. Sandra, elle, transpose cette même question au niveau de l’organisation, en la reliant aux théories de la motivation en RH. Elle montre que cette dispersion attentionnelle détruit les trois piliers de la motivation de la théorie de l’autodétermination.
- L’autonomie, d’abord. Submergé de notifications et d’urgences indues, le salarié cesse d’organiser son travail et se met à subir son agenda.
- La compétence, ensuite. À force de passer ses journées sur des micro-tâches sans jamais faire aboutir ses projets de fond, il perd le sentiment d’accomplissement et celui de créer de la valeur.
- Le lien, enfin. La multiplication des messages instantanés et des visioconférences donne l’illusion de communiquer, tout en appauvrissant les véritables échanges humains.
Autrement dit, ce que je décris comme une question de souveraineté personnelle devient, à l’échelle d’une équipe, une question de management.
Les pistes qu’elle propose vont dans les deux sens : côté individuel, cesser de traiter l’e-mail et la messagerie comme des canaux d’urgence, sanctuariser des plages de concentration, définir une seule priorité majeure chaque matin et faire le point chaque semaine sur ce qui donne ou draine de l’énergie. Côté organisation, instaurer des règles de déconnexion claires, raccourcir les réunions pour laisser respirer, et surtout une exemplarité managériale stricte pour briser le culte de la réactivité permanente.
La phrase que j’ai retenue :
« Nous avons confondu disponibilité et engagement. L’engagement, c’est pas être disponible tout le temps, c’est porter son attention sur les choses qui apportent de la valeur. »
Dans un prochain article, je reviendrai sur ma propre intervention et sur mon chapitre, « À la recherche de l’attention perdue ». On y parlera de ce qui nous est pris, et de ce qu’on peut reprendre.
Si vous êtes intéressé.e, le livre est disponible sur la FNAC et en ebook chez Cultura.
Envie d’en savoir plus sur les coulisses de cette aventure éditoriale ? J’en parle en détail dans un épisode du podcast Inspiration Soft Skills : Se reconnecter dans un monde hyperconnecté : les coulisses de notre livre collectif.
Dans un prochain article, je reviens également sur ma propre intervention et mon chapitre : “À la recherche de l’attention perdue”. On y parlera de ce qui nous est pris — et de ce qu’on peut reprendre.
Et vous, quelle soft skill vous aiderait à relever votre plus grand défi des douze prochains mois ?
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