On te l’a peut-être dit un jour : « toi, de toute façon, tu es plutôt du genre pessimiste » ou « elle, elle voit toujours le bon côté des choses ». Comme si c’était réglé une fois pour toutes à la naissance, comme une couleur d’yeux.
Et si ce n’était pas vrai ?
Ce que Seligman a vraiment découvert
Le psychologue Martin Seligman, l’un des pères de la psychologie positive, a passé une partie de sa carrière à étudier ce qui distingue les personnes optimistes des personnes pessimistes.
Sa conclusion a surpris beaucoup de monde : ce n’est pas une question de tempérament inné ou de personnalité. C’est une question de style explicatif, la façon dont on s’explique à soi-même ce qui nous arrive, surtout quand ça va mal.
Face à un échec, on se pose souvent trois questions, sans en avoir conscience. Est-ce que c’est permanent, ou passager ? Est-ce que ça touche tout dans ma vie, ou juste ce domaine précis ? Et est-ce entièrement de ma faute, ou est-ce qu’il y a aussi des causes extérieures ?
Une personne au style explicatif pessimiste va répondre : c’est permanent, ça touche tout, c’est entièrement ma faute.
Une personne au style explicatif optimiste va répondre : c’est passager, c’est spécifique à ce contexte, et il y a plusieurs causes possibles.
Le fait, l’échec, est rigoureusement le même. Ce qui change, c’est l’histoire qu’on se raconte dessus. Et cette histoire, contrairement à ce qu’on croit, elle s’entraîne.
Trois pièges à repérer
Seligman résume ça en 3 pièges qu’on peut apprendre à identifier.
Conclure trop vite, en pensant qu’une situation difficile va durer toujours.
Conclure trop large, en pensant qu’un échec ponctuel révèle que « tout va mal ».
Conclure trop contre soi, en s’attribuant l’entière responsabilité d’un résultat qui dépend en réalité de plusieurs facteurs.
L’optimisme, au sens de Seligman, n’est pas un déni du réel. Ce n’est pas se forcer à voir le bon côté des choses. C’est éviter ces trois pièges, pour lire les événements de façon moins définitive et moins écrasante.
Une pensée optimiste n’est pas forcément plus belle qu’une pensée pessimiste. Elle est simplement plus juste.

Un mot personnel
Je ne suis pas, de nature, quelqu’un de spontanément optimiste. Mon premier réflexe, c’est d’aller chercher le pire scénario possible, systématiquement. Ce n’est pas du pessimisme gratuit : c’est un besoin d’anticiper, d’imaginer à quoi je dois m’attendre pour m’y préparer.
Mais voilà ce que j’ai appris avec le temps : une fois que j’ai vraiment exploré le pire scénario, jusqu’au bout, je peux lâcher prise. Parce que je sais que j’ai un plan si ça arrive. Et parce que, dans les faits, ça n’arrive presque jamais.
Le psychologue Robert Leahy, de l’université Cornell, a étudié ça très concrètement : dans ses travaux, environ 85% de ce sur quoi les gens s’inquiètent ne se produit jamais.
L’optimisme, ce n’est donc pas nier le pire scénario. C’est parfois même l’inverse : se donner le droit de l’explorer à fond, pour ensuite le remettre à sa juste place.
Pour aller plus loin
Cet article accompagne l’épisode de mon podcast Inspiration Soft Skills intitulé « Muscle ta soft skill… Optimisme – éviter les trois pièges de conclure trop vite, trop large et trop contre soi »
Tu peux écouter l’épisode sur Spotify et YouTube, et télécharger le workbook qui l’accompagne en suivant ce lien: https://forms.gle/MVkT1QYrjBBYe3Xt6.
Ce workbook te guide pas à pas, en cinq étapes, pour attraper l’histoire que tu te racontes sur un échec, la tester avec le tableau des trois pièges, et la réécrire, plus juste et moins écrasante.
Ce sujet est aussi au cœur de ma prochaine intervention pour Be Your Success dont le lien d’inscription se trouve ici: https://jerome-hoarau.com/p-be_your_success#inscription.
Sources: Seligman, M. E. P. (2006). Learned optimism: How to change your mind and your life. Vintage Books.
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